Euskal Herria, territoire d'accueil : défis et opportunités
Le cours « Euskal Herria, territoire d'accueil » s'est tenu le 30 juin à la Cité des Arts de Bayonne, dans le cadre de la cinquième édition des Cours d'Été transfrontaliers. Cette journée a réuni des spécialistes des milieux académique, institutionnel et associatif afin de réfléchir, dans une perspective transfrontalière, aux défis et aux opportunités que pose la migration en Euskal Herria.
La migration n'est pas un défi pour l'avenir, mais une réalité du présent. Partant de ce constat, le Cours d'Été Transfrontalier « Euskal Herria, territoire d'accueil » a réuni des regards académiques, institutionnels et communautaires afin de réfléchir aux défis et aux opportunités auxquels le Pays Basque est confronté en tant que société d'accueil.
Comme l'a expliqué Idoia Zengotitabengoa, directrice du cours et directrice de la Fondation Iratzar, la migration constitue aujourd'hui l'un des principaux défis politiques, sociaux, culturels et économiques. Elle a souligné que le cadre des Cours d'Été Transfrontaliers est particulièrement propice à l'analyse conjointe des différentes réalités des territoires du Pays Basque. L'objectif était d'associer les connaissances académiques aux initiatives de la société civile et aux expériences personnelles de la migration afin de mieux comprendre la complexité de ce phénomène.
Tout au long de la journée, des spécialistes de l'Université du Pays Basque (EHU) et d'autres institutions, aux côtés d'acteurs de la société civile, ont abordé les différentes dimensions des migrations : la réalité des flux migratoires, l'impact des frontières, le rôle de la société civile, l'action des institutions ainsi que la place de l'euskara dans les processus d'accueil. Le programme s'est articulé autour de tables rondes, de dynamiques participatives et d'une séance de synthèse finale, favorisant le partage des connaissances et le débat.
De son côté, Eñaut Aramendi, acteur de la société civile en Ipar Euskal Herria, a souligné que, si le Pays Basque souhaite devenir un véritable territoire d'accueil, il doit renforcer une approche fondée sur les droits. Selon lui, l'intégration passe avant tout par la garantie, pour toutes les personnes, du droit au logement, au travail ainsi que de l'ensemble des droits sociaux et politiques.
Par ailleurs, Eneko Gorri Gantier, membre de Plazara et l'un des initiateurs du cours, a expliqué que cette journée visait à analyser le phénomène migratoire sous des angles multiples et interdisciplinaires, afin de réfléchir à la manière dont le Pays Basque, en tant que peuple et communauté, peut répondre à cette réalité. Dans cette perspective, le rôle de l'euskara et de la culture basque a également occupé une place importante. Selon lui, l'expérience d'une langue minorisée peut favoriser une approche plus empathique de l'accueil, tout en posant le défi de susciter chez les nouveaux arrivants l'envie d'apprendre l'euskara.
L'interprétation des données sur les migrations a également constitué l'un des axes du cours. Eguzki Urteaga, professeur et chercheur en sociologie à l'EHU, a plaidé pour que le Pays Basque dispose de ses propres statistiques, prenant comme référence l'ensemble de ses sept territoires. Selon lui, cette approche montre que la notion d'immigré est bien plus large qu'on ne l'imagine généralement. En Ipar Euskal Herria, par exemple, une part importante des personnes immigrées provient d'autres régions françaises, ce qui invite à porter un regard différent sur la réalité migratoire.
En définitive, le cours s'est articulé autour d'une question essentielle : comment construire un territoire d'accueil fondé sur la diversité, les droits et la cohésion sociale ? L'approche transfrontalière et le dialogue interdisciplinaire ont montré que la migration n'est pas seulement un phénomène à gérer, mais aussi une opportunité de construire une société plus juste, plus ouverte et plus solidaire.