De nouvelles stratégies pour faire progresser l’enseignement plurilingue
Des professionnels et des chercheurs d’Euskadi, de Navarre, de Nouvelle-Aquitaine et de Suisse se sont réunis à Bayonne pour partager des expériences et des outils pratiques autour de la communication orale, de la didactique intégrée et de l’évaluation dans les contextes éducatifs plurilingues.
Le 3 juillet, la Cité des Arts de Bayonne a accueilli le Cours d’été transfrontalier « Différents dispositifs de formation en didactique plurilingue », une journée consacrée au partage de connaissances, d’expériences et d’outils pratiques afin de progresser vers une éducation qui tire parti de la richesse linguistique du territoire transfrontalier.
Le cours a réuni des professionnels de l’éducation et des chercheurs issus de différentes institutions d’Euskadi, de Navarre, de Nouvelle-Aquitaine et de Suisse. La didactique plurilingue y a été abordée sous différents angles : le développement de la communication orale et sa dimension sociolinguistique, la didactique intégrée des langues et des disciplines non linguistiques, l’évaluation dans les contextes éducatifs plurilingues, ainsi que la mise en pratique de ces connaissances dans la formation et en classe.
Un territoire où les langues sont une opportunité
Comme l’explique Marie Heguy-Urain, directrice du cours et membre de l’équipe technique de l’Eurorégion Nouvelle-Aquitaine Euskadi Navarre, dans la vidéo qui accompagne cet article, le cours s’est intéressé à la didactique intégrée dans le cadre de l’éducation plurilingue. Il a été coorganisé avec les partenaires d’un projet européen visant à favoriser ce modèle éducatif sur le territoire. L’objectif est de promouvoir l’enseignement et la coexistence du basque, du français et de l’espagnol, tout en proposant des solutions concrètes permettant aux enseignants d’améliorer progressivement leurs pratiques pédagogiques.
Cette approche revêt une importance particulière dans un territoire transfrontalier. Elle vise à favoriser la connaissance de la langue du territoire voisin ainsi que la coexistence des langues, contribuant ainsi à construire un espace de vie partagé de part et d’autre de la frontière. Dans cette perspective, Heguy-Urain souligne l’importance de promouvoir l’espagnol et le basque en Nouvelle-Aquitaine et, parallèlement, l’apprentissage du français au sud de la frontière, afin que les échanges entre les territoires puissent se faire de plus en plus dans les langues voisines.
De la communication orale à l’évaluation
Après la présentation de la journée par Ibon Manterola Garate, de l’EHU, la première session a été consacrée à la didactique de l’oral et à sa dimension sociolinguistique. Y ont participé Yolanda Olasagarre, de l’EIBZ-Centre de ressources pour l’enseignement du basque du Département de l’Éducation du Gouvernement de Navarre ; Roxane Gagnon, de la Haute École Pédagogique du Canton de Vaud (Suisse) ; Leire Diaz de Gereñu Lasaga, du laboratoire ELEBILAB de l’EHU ; et Agurtzane Azpeitia Eizaguirre, de HUHEZI-Cluster de Sociolinguistique, dans le cadre du projet Berbalapiko de l’Université de Mondragon.
Dans la vidéo, Yolanda Olasagarre souligne justement que l’objectif du cours peut se résumer en une question fondamentale : quelles approches didactiques faut-il développer pour former des élèves plurilingues ? Parmi les thèmes abordés figuraient notamment la communication orale, l’évaluation et la recherche de méthodologies adaptées à l’éducation plurilingue. Les sessions ont alterné de courtes interventions et des temps d’échange, favorisant ainsi le dialogue entre les participants.
La deuxième session a porté sur la didactique intégrée et l’apprentissage des langues à travers les disciplines non linguistiques, avec Amaia Lersundi, de HUHEZI-Université de Mondragon ; Claude Martinez, chercheur à l’UMB-EHU ; et Gabrielle Saint-Jean, du Lycée Saint-Louis Villa Pia et de l’Université Bordeaux Montaigne.
L’après-midi, l’attention s’est portée sur l’évaluation dans l’éducation plurilingue, à travers l’analyse de critères, d’outils et de modèles de formation. Ont participé à cette session Ana Mª Cerdán Remón et Trinidad Ceresuela Palomeque, du Colegio Benjamín de Tudela ; Egoitz Urrutikoetxea et Maialen Egileor, de Seaska ; ainsi que Verónica Sánchez Abchi, de l’Institut de Recherche et de Documentation Pédagogique (IRDP) du canton de Neuchâtel, en Suisse.
Des outils transposables en classe
La journée s’est achevée par un atelier consacré aux dispositifs pratiques pour la didactique plurilingue, allant des pratiques en classe aux stratégies de formation. L’atelier était animé par Arantza Ozaeta Elorza, chercheuse à l’Université de Mondragon.
Cette dimension pratique constitue l’un des éléments clés du cours. Comme l’explique Olasagarre, il ne s’agit pas seulement de réfléchir à l’éducation plurilingue, mais aussi d’examiner comment travailler les compétences communicatives, quelles ressources et quels outils didactiques utiliser et comment évaluer les productions des élèves, avec pour objectif final de faciliter et d’améliorer leur expression orale.
Ainsi, le Cours d’été transfrontalier organisé à Bayonne a fait de la diversité linguistique du territoire le point de départ d’un dialogue entre recherche, formation des enseignants et pratiques éducatives, en mettant l’accent sur des outils susceptibles de contribuer à une présence toujours plus effective du plurilinguisme dans les salles de classe.
J’ai privilégié un français institutionnel naturel, plutôt qu’une traduction littérale de l’espagnol, notamment dans les tournures liées à l’éducation et à la didactique.